Quels sont les fruits et légumes de saison en mai ?
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Nous avons tous cette image rassurante selon laquelle les aliments disponibles en grande surface respectent bien les normes sanitaires en vigueur. Cependant, une enquête récente de l’organisation Foodwatch, publiée le 19 mai, remet en question cette confiance. L’analyse de 64 produits alimentaires dans quatre nationalités différentes révèle un fait alarmant : 80 % des échantillons analysés en France présentent des traces de pesticides prohibés sur le territoire européen. Du thé aux épices en passant par le riz, des denrées de consommation quotidienne soulèvent des interrogations sur la sécurité alimentaire des importations.
Des marques emblématiques sous le microscope de l’ONG
L’étude révèle que la situation en France est particulièrement préoccupante, avec 12 des 15 produits analysés contenant ces substances interdites. Les thés et épices sont les plus touchés, avec près de 90 % des échantillons présentant différents résidus. D’importantes marques mentionnées par Foodwatch incluent Lipton, Twinings, Carrefour, Monoprix, Albert Ménès et Intermarché.
Le cas le plus frappant concerne le paprika doux de la marque Bouton d’Or, retrouvant 14 résidus dont 5 interdits, et surtout le paprika Ducros, qui dépasse tous les records avec 18 résidus, dont 6 prohibés en Europe.
Deux produits incriminés : appel à un retrait immédiat
Alors que la Commission européenne tolère des traces minimes pour certaines denrées importées, deux produits commercialisés en France dépassent nettement les seuils acceptables de résidus (LMR). L’ONG réclame leur retrait immédiat :
- Paprika doux moulu Ducros (lot 601912350) : Présence de chlorfénapyr (un insecticide interdit) à un taux neuf fois supérieur à la limite, ainsi que du flonicamide, à une concentration six fois plus élevée que le seuil maximal.
- Riz Thaï de Taureau Ailé (lot 0506251BN-B) : Analyse révélant de l’anthraquinone, un répulsif aviaire, à des niveaux près de trois fois plus élevés que la limite légale.
Le phénomène de l’effet boomerang
Comment ces substances se retrouvent-elles dans nos assiettes ? Ce phénomène est connu sous le nom d’effet boomerang. Des entreprises basées en Europe fabriquent des pesticides prohibés sur le continent, qu’elles exportent vers des pays extérieurs à l’UE, aux normes moins strictes (comme certains pays d’Asie ou d’Amérique du Sud). Ces produits chimiques sont engendrés sur les cultures locales avant de revenir vers nous via les importations alimentaires.
Malgré l’engagement d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne, en 2020, pour interdire ce « commerce toxique », une étude de l’ONG Public Eye montre que les exportations de pesticides prohibés ont augmenté de 50 % entre 2018 et 2024.
Les risques sanitaires associés
La détection de ces molécules soulève des inquiétudes majeures pour la santé publique, surtout à cause des expositions répétitives. Comme le souligne Jean-Marc Bonmatin, chimiste et toxicologue au CNRS d’Orléans dans France Info : « Les études montrent que les intoxications chroniques à faibles doses, c’est-à-dire ce que vous ingérez régulièrement pendant des mois, engendrent les problèmes de santé les plus graves. »
Le rapport de Foodwatch avertit sur les dangers associés à ces substances : « Ce ne sont pas des produits innocents. Ils ont été conçus pour tuer des organismes vivants. Leur toxicité représente un risque sérieux pour la santé humaine, animale ou végétale. »
De nombreuses études épidémiologiques relient désormais ces expositions prolongées à un risque accru de cancers, de troubles neurologiques ou de déséquilibres hormonaux en tant que perturbateurs endocriniens. En attendant des mesures politiques adéquates ou des rappels officiels, faites preuve de vigilance lors de vos prochains achats en magasin.

